Lundi était passé, ainsi que mardi et mercredi aussi. En fait c'était la fin de ma première semaine, nous étions dimanche. Je n'avais rien fais de particulier, depuis la séance d'achats avec Vanessa du lundi, je n'étais pas ressortie de la maison, restant la plupart du temps enfermée dans ma chambre.
Je me réveillais ce matin là vers 9h30 et un soleil radieux m'accueillit lorsque j'ouvris le store. Toute la semaine le temps grisâtre avait persisté, mais aujourd'hui la chaleur était revenue.
Je descendais l'escalier sans un bruit, comme je l'avais fait tous les matins depuis mon arrivée, et me dirigeais vers la cuisine pour me servir un bol de corn flakes, les yeux encore ensommeillés. Mick et Cassy étaient eux aussi debout, Mick à manger du beurre de cacahuète devant l'ordinateur et Cassy à la table du salon. Je me dirigeais vers elle et m'installais en sa compagnie. Le bruit de la télévision étant notre seule conversation.
Depuis mon arrivée je n'avais pas vraiment eut l'occasion de faire très ample connaissance avec les autres membres de la famille Schaffer. A part Vanessa je ne leur parlais pas beaucoup, leurs parents me posant seulement quelques questions pendant les repas et sans plus. J'étais comme une sorte d'intruse dans cette famille qui n'était pas la mienne, et mon silence ne m'aidait pas à m'intégrer.
Alors que je mangeais mes céréales, je tournais la tête vers la jeune fille de 16 ans qui me faisait face et découvrit qu'elle me dévisageait sans vergogne. Je la fixais à mon tour. Son regard noisette avait quelque chose de mauvais envers moi. J'avais quelque peu remarqué que cette jeune adolescente se distinguait le plus de sa famille. Sa silhouette fine et ses cheveux châtains légèrement bouclés me donnaient l'impression d'une beauté artificielle, le genre de fille que je n'aimais pas. Elle savait qu'elle était belle et cette supériorité ne faisait qu'aggraver son cas, enfin, c'est ce que moi je pensais.
Elle ne baissa pas les yeux lorsque je me mis à la dévisager aussi, cette petite mignonnette me tenait tête et là je n'étais pas d'humeur à ce qu'on me cherche comme ça :
- Qu'est-ce qu'il y a ? lui demandais-je irritée.
Elle fit une petite moue, suivit d'un sourire sadique, je ne mettais pas trompé sur elle apparemment.
- J'étais en train de me demander si tu te distinguais de la bande de plouc qui traîne d'habitude avec ma s½ur...
Je la fixais, sans comprendre où elle voulait en venir.
- Je trouvais, justement, que tous les américains avaient un look de « plouc » comme tu dis... répliquais-je.
Son petit sourire s'effaça aussitôt.
- Tu vas voir, la vie au lycée va vraiment être dure pour toi...
- Je saurais m'en sortir ne t'en fait pas.
- Tu ne connais pas les règles chez nous... sourit-elle.
Elle se leva, ayant finit son déjeuner et partie dans un déhanché qui me fit lever les yeux au ciel. Je n'avais pas vraiment compris ce qu'elle avait voulu dire, mais je m'en fichais pas mal.
Quelques minutes plus tard, Vanessa était réveillée à son tour et me rejoignit à la table avec un énorme déjeuner.
- Tu as bien dormis ? me demanda-t-elle en commençant à manger.
- Oui... plutôt bien ... marmonais-je.
Je ne sais pas pourquoi mais la sympathie de Vanessa me fit le plus grand bien.
- Je voulais te dire qu'aujourd'hui on doit allé voir ma grand-mère... elle aimerais te rencontrer.
Je la regardais tout en continuant à mâchouiller mes corn flakes.
- Ouai, d'accord.
- Tu verras c'est génial les repas de famille... c'est toujours très animé !
Je hochais la tête sans vraiment de conviction. Moi je n'aimais pas tellement les repas familiaux, surtout qu'en je ne connaissais pas la famille en question...
Quelques heures plus tard, j'étais habillée et prête pour partir. La famille se réunie et nous nous séparâmes dans les deux voitures, me retrouvant encore une fois dans le truck avec Mick et Vanessa.
La grand-mère en question, qui s'appelait Jane, habitait à plus d'une heure de route de Bendfrod. Sa maison était une sorte de gigantesque caravane perdue en pleine forêt de pins.
- Bonjour mes enfants ! s'écria-t-elle lorsque les voitures furent garées.
- Mamie !
Les plus petits se jetèrent dans ses bras et elle se mit à rire. C'était la pure grand-mère gâteau, aux cheveux blancs et bouclés, portant un tablier de cuisine et une vieille robe.
- Ce doit être toi Nina... me dit-elle.
Je m'arrêtais dans ma contemplation et m'approcha d'elle un peu hésitante.
- Ce que tu es jolie... me sourit-elle.
Elle me pris dans ses bras, puis se tourna vers les parents Schaffer.
Vanessa me tira par le bras et nous entrâmes dans la jolie maison, elle était duveteuse et plutôt grande. La table du salon était déjà en train de crouler sous d'innombrables plats et Vanessa paraissait au paradis.
- Nos cousins ne sont pas encore là apparemment... dit-elle.
- D'autres gens doivent venir ?
- Oui, la s½ur de ma mère, elle a deux garçons d'à peut près notre âge... tu verras ils sont gentils.
A peine eut-elle le temps de finir sa phrase qu'on entendit une autre voiture se garer dans la coure de graviers, Vanessa se précipita alors dehors.
- Oncle Steeve ! cria-t-elle.
- Ma princesse ! répondit un grand homme en sortant de la voiture.
Elle se jeta dans ses bras, toute heureuse.
- Alors où est cette fameuse correspondante française dont tu m'as tant parler ? demanda-il avec un grand sourire.
- Je te présente Nina !
Je m'approchais d'eux, complètement perdue dans toute cette foule. La nouvelle famille était composée de quatre membres, deux garçons de mon âge et les deux parents. La mère ressemblant traits pour traits à celle de Vanessa.
L'homme me tendit la main.
- Je m'appelle Steeve, voici ma femme Léna, et mes fils, Tom et Bill.
Je les saluais d'un signe de tête avec un sourire forcé. Les deux garçons s'échangèrent des murmures en me dévisageant. Mick, le frère de Vanessa, les rejoignit et ils se prirent dans les bras, tout heureux.
- Bon on vous laisse les jeunes... dit Steeve en entrant dans la maison.
Il ne restait plus donc que Bill, Tom, Mick, Vanessa et moi.
- Tu viens vraiment de Paris ? demanda Tom avec un sourire.
Apparemment il me parlait.
- Oui... répondis-je.
- Il paraît que vous avez une drôle de façon de vous dire bonjour là-bas, intervînt Bill.
Tom était grand et dégingandé, ses cheveux noirs étaient les même que Bill, mais celui-ce était plus petit, ils ne se ressemblaient pas tellement.
- Ils se font la « bise », continua Vanessa.
- C'est quoi ça ? demanda Mick prenant pour une fois part à la conversation.
- On fait deux baisers sur les joues ... répliquais-je.
- Tu nous montres ? demanda Tom en me fixant.
Je rougis légèrement, peu habituée aux techniques de dragues américaines qui étaient très lourdes apparemment.
- Vous voyez ce que je veux dire, pas la peine de le montrer... dis-je en détournant les yeux.
- Nan je ne vois pas, sourit Tom.
- Va te faire f*utre... sifflais-je en français.
- Je peux te montrer si tu veux ! sourit Vanessa.
- Je préférerais que ce soit par une française.
- Lâche la Tom, elle à pas envie, intervînt Mick.
Je le remerciais intérieurement pour son interruption. Et il du le comprendre quand il croisa mon regard.
- Les enfants ! Venez manger ! cria Mamie Jane.
Nous sommes donc passé à table, Tom essayant toujours de me faire la conversation... Mais mon refus de lui faire la bise l'avait quelque peu refroidit.
- Alors Nina tu es prête pour ton nouveau lycée ? me demanda l'oncle Steeve.
Nous étions tous en train de manger un peu n'importe quoi, de mon côté j'appréciais beaucoup les pancakes au sirop d'érable avec du bacon et des ½ufs.
- Pas vraiment... répondis-je.
- Ne t'en fait pas, notre lycée est génial ! me réconforta Vanessa à ma droite.
- Le mode scolaire Américain doit être très différent de celui de France... constata Franck, le père de Vanessa.
- Dit nous quelque chose en français ! intervînt Bill tout excité.
- Euh quoi par exemple ? demandais-je surprise par son enthousiaste.
- Euh... bah « Bonjour je m'appelle Nina, j'ai 17 ans et je vais bientôt entrer dans un nouveau lycée Américain...
Je m'exécutais donc sans difficultés :
- Bonjour je m'appelle Nina, j'ai 17 ans et je vais bientôt entrer dans un débile de lycée Américain...
- Le français est très joli... constata Mamie Jane.
- Est-ce que l'Amérique te plaît ? demanda Léna.
- Oui... hésitais-je.
- La France te manque ?
- Beaucoup... constatais-je.
- Oh tu verras, l'Amérique n'est pas si mal, c'est différent mais tu finiras par t'y habituer, sourit la femme.
Une boule de chagrin me fit mal à la gorge.
Nous sommes repartis, avec ma famille d'accueil en fin d'après-midi. J'avais passé le plus clair de mon temps à parler de moi et de la France, et l'autre partie je la consacrais à éviter de me retrouver avec Tom qui ne me lâchait plus. Cette journée avait été un enfer et m'avait fait remémorer des souvenirs douloureux, mais c'était enfin finit.
Une fois arrivée chez les Schaffer, je m'enfermais dans ma chambre, comme à mon habitude, mais quelqu'un vînt y frapper :
- Entrez...
A ma grande surprise, la bouille de Mick fit son apparition. Il hésita à passer le pas de la porte, puis la ferma derrière lui. Il contempla ma chambre avec un petit sourire, il n'était plus rentrer dans cette pièce depuis le jour où j'étais arrivée et que je l'avais rembarré.
- La décoration est très jolie... réussit-il à articuler.
- Merci...
Un blanc s'installa entre nous. Puis il reprit d'une voix pleine d'excuse :
- Je suis désolé pour le comportement de Tom, c'est un vrai dragueur...
Je le regardais depuis mon lit, un peu surprise, c'était bizarre qu'il prenne la responsabilité de son cousin.
- Ce n'est rien... le réconfortais-je.
- J'espère qu'il ne t'a pas trop embêté...
- Je sais me défendre ne t'inquiète pas.
Il eut un petit rire doux que je n'avais jamais entendu.
- Bon je te laisse, excuse moi de t'avoir dérangé... dit-il en retournant vers la porte.
- C'est gentil de ta part.
Il me sourit.
- A tout à l'heure.
Je hochais la tête, puis m'allongeais sur mon lit une fois qu'il eut refermé la porte. Ce garçon était plutôt étrange.
Vous avez vu le nombre de coms que vous m'avez laissé sur les deux précédents articles ?
Si j'en demande 50 pour cette fois-ci c'est inatteignable ?